Nicolas Da Silva : « La protection sociale est une question de pouvoir, plus que d’argent »
Alternatives Economiques, 1er décembre 2022
Nicolas Da Silva : « La protection sociale est une question de pouvoir, plus que d’argent »
Propos recueillis par Céline Mouzon
Aujourd’hui, la Sécurité sociale est un mastodonte administratif avec un budget de plus de 600 milliards d’euros, qui distribue 470 milliards d’euros de prestations sociales, assure, à un titre ou à un autre, 65 millions de personnes, et emploie pour cela 150 000 salariés. Tout le monde, un jour ou l’autre, a à faire à la Sécu. Elle est perçue comme un organisme de contrôle, une machine bureaucratique où il est impossible d’avoir quelqu’un au bout du fil, et souvent confondue avec l’État.
Les dirigeants politiques proclament leur attachement à cette institution de la République. Et c’est au nom même de cet attachement qu’ils soulignent la nécessité de limiter ses dépenses toujours croissantes, un objectif qui leur tient lieu de programme politique.
D’autres tentent de rappeler le projet qu’elle incarnait, comme Gilles Perret, qui lui a consacré en 2016 un documentaire en forme d’hommage, La Sociale. C’est dans cette veine que se situe l’économiste Nicolas Da Silva. Au cours d’une passionnante enquête historique d’économie politique dans La bataille de la Sécu. Une histoire du système de santé (La Fabrique, 2022), ce maître de conférences en sciences économiques à l’université Sorbonne Paris Nord et chroniqueur à Alternatives Économiques, revient sur la construction du système d’assurance maladie français – l’une des branches de la Sécurité sociale – pour montrer à quel point il s’est construit contre l’État.
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