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L’alimentation, un enjeu de justice sociale ( Renaud Hourcade et Nathan McClintock – 16/08/23)

  • décembre 8, 2023
  • Le Cadre Marie
  • 0
  • Alimentation,Sécurité Sociale de l'Alimentation

https://www.erudit.org/fr/revues/lsp/2023-n90-lsp08653/1105087ar/

Les enjeux sociaux liés à l’alimentation occupent depuis plusieurs années une place croissante dans le débat public, tant en Amérique du Nord qu’en Europe. Ce retour de la question alimentaire à l’agenda politique est porté par des préoccupations variées : enjeux d’accès équitable à une nourriture suffisante et de bonne qualité, dans le contexte d’inégalités sociales et raciales structurantes ; objectifs de relocalisation des approvisionnements et de « verdissement » des pratiques dans un contexte de prise en compte croissante de l’impact climatique de la production d’aliments ; ou encore aspects éducatifs favorisant la promotion du « manger sain », face à la montée des problématiques sanitaires (obésité, diabète) liées aux habitudes de consommation. Le contexte de crise économique suscité par la pandémie de COVID-19 puis le renchérissement soudain des prix de l’alimentation ont rendu ces questions encore plus urgentes. L’allongement des files devant les distributions d’aide alimentaire au Nord et la crainte de pénuries au Sud sont sans doute parmi les illustrations les plus éclairantes des limites d’une offre alimentaire structurée depuis plusieurs décennies par le principe d’une extension continue des marchés alimentaires. Ces tensions soulignent combien l’alimentation est fondamentalement une « chose publique », et donc une question politique déterminée par des choix de gouvernement, des enjeux de pouvoir, des structures sociales inégalitaires, des chemins empruntés de longue durée.

Ce dossier de Lien social et Politiques a pour but d’interroger les politiques publiques et les mouvements sociaux contemporains dans le domaine de l’alimentation sous l’angle des inégalités sociales et des enjeux de justice. L’un de ses apports est de contribuer aux analyses et aux débats autour des questions de « justice alimentaire » à partir de travaux empiriques sur les espaces culturels non anglophones, moins bien couverts par la littérature. Il prend également place dans un contexte temporel particulier, celui de la crise liée à la COVID-19, qui marque profondément plusieurs articles de ce numéro. Mais ce dossier est aussi nourri par la vitalité, qui s’observe depuis plusieurs années, des mouvements sociaux dans le domaine de l’alimentation. Des deux côtés de l’Atlantique, ces mouvements tentent de renouveler les approches des inégalités alimentaires, en inventant de nouveaux instruments d’action (à l’image du glanage et des « frigos collectifs » ou encore avec la proposition émergente en France d’une « sécurité sociale de l’alimentation ») ou en explorant de nouvelles voies pour mieux associer les démarches d’écologisation de l’alimentation et les enjeux de justice sociale – un défi dont la difficulté est soulignée par plusieurs articles de ce numéro. Dans de nombreux pays et territoires, ces préoccupations trouvent un écho au sein des politiques publiques, à différents échelons de gouvernement. L’alimentation y est de plus en plus appréhendée comme un secteur clé de l’action publique, précisément parce qu’elle occupe une position carrefour entre des intérêts économiques (soutien aux producteurs locaux ou nationaux), des intérêts écologiques (réduction de l’empreinte climatique, verdissement de l’agriculture) et des intérêts de santé publique. Face à ce bouillonnement d’initiatives, il est important de mieux documenter la manière dont les instruments de politique publique mobilisés – politiques d’approvisionnement des cantines, tables de concertation, « projets alimentaires territoriaux » – cadrent les enjeux visés, définissent les objectifs à poursuivre, choisissent les acteurs à impliquer et arbitrent entre des intérêts parfois concurrents. Quelle place les inégalités d’accès à l’alimentation tiennent-elles dans ces politiques publiques ? En quoi le tournant vers l’approvisionnement local et les agricultures plus respectueuses de l’environnement intègre-t-il les enjeux de « justice alimentaire » ?

(…)

Conclusion:

En conclusion, si nous avons voulu esquisser ici trois axes d’approfondissement (parmi sans doute bien d’autres possibles), c’est dans le but, qui nous paraît hautement désirable, de contribuer à l’émergence d’un champ des études critiques de l’alimentation davantage intégré, dans lequel les travaux et approches francophones pourraient jouer un plus grand rôle. Cela passe sans doute par un degré d’engagement supplémentaire, de la part des travaux francophones, dans la vaste et stimulante conversation théorique qui a lieu jusqu’ici surtout en langue anglaise (même si, soulignons-le encore, elle mobilise amplement un soubassement intellectuel critique européen et particulièrement français). Cela passe aussi, certainement, par une plus grande attention portée aux contextes socioculturels non anglophones dans l’élaboration de ces concepts et théories. Dans tous les cas, les articles rassemblés dans ce numéro, par leur variété et leur qualité, laissent à penser qu’un tel rapprochement ne pourra être que mutuellement bénéfique pour porter plus loin encore l’analyse des politiques et des initiatives alimentaires sous l’angle des inégalités et de la justice sociale.


Sécurité sociale de l’alimentation : à fond les caisses ! (L.Gillot-Sesame – 05/12/23)Alimentation : pourquoi produire plus ne résoudra pas la faim dans le monde (S. Chapelle- Basta- 07/12/23)

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