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Ces médecins de la Terre aident les agriculteurs à régénérer leurs sols (L. Debove-La relève et la peste – 14/03/23)

  • mars 15, 2023
  • Le Cadre Marie
  • 0
  • Agroécologie

Ces médecins de la Terre aident les agriculteurs à régénérer leurs sols

Etre agriculteur est le métier le plus compliqué de la planète. Le sol ne parle pas donc c’est à l’humain de comprendre ce qui ne va pas en fonction des cultures, du climat et de la géologie. »

Lydia et Claude Bourguignon sont microbiologistes spécialisés dans l’étude des sols depuis plus de 30 ans. Lessivés par des décennies d’agriculture industrielle, les sols sont aujourd’hui en piteux état. Couplé à la sécheresse qui fragilise l’ensemble de nos écosystèmes, il n’a jamais été aussi urgent de remettre en cause notre rapport à la Terre pour mieux la comprendre et la soigner. Ces « médecins de la Terre » expliquent à La Relève et La Peste comment.

LR&LP : Pouvez-vous présenter ?

Lydia Bourguignon : Nous sommes consultants dans le monde agricole que ce soit en maraîchage, céréaliculture ou vignes depuis 30 ans. Avant je travaillais à l’INRA sur la qualité des aliments de l’homme, c’est à ce moment qu’on s’est rencontrés et qu’on a réalisé que la nature était dans un état catastrophique. On a donc décidé de quitter nos postes de fonctionnaires pour créer le Laboratoire d’Analyses Microbiologiques des Sols (LAMS) puisqu’on s’intéresse surtout à la Vie du Sol.

Beaucoup de gens pensent que le sol est support, qu’il suffisait de mettre de la fertilité avec des intrants chimiques pour que tout aille bien, or le sol est un écosystème complexe. Depuis 30 ans, on parcourt le monde pour apprendre aux agriculteurs à connaître leur sol et les aider à faire une conversion vers l’agriculture biologique.

Claude Bourguignon : Je suis microbiologiste du sol et j’ai travaillé pendant 10 ans sur les bactéries fixatrices d’azote, mais en voyant les sols mourir j’ai décidé de quitter l’INRA qui est totalement sous la coupe de l’agroindustrie et manque d’une cruelle liberté de pensée.

Nous étions entrés dans un institut national pour travailler au service de la Nation, pas à celui des grandes entreprises privées. Depuis, on a fait 12 000 analyses de sol à travers le monde donc on commence à avoir une petite idée de ce qu’est un sol et comment il fonctionne.

LR&LP : Justement, comment fonctionne un sol ?

C.B. : Le sol est le milieu le plus complexe de la planète puisqu’il est formé du minéral le plus complexe qui est l’argile, qui se fusionne avec la molécule la plus complexe qui est l’humus. Et cette double complexité va permettre de créer une capacité d’échange et de retenir les éléments nutritifs, de stimuler à la fois le système racinaire et le système microbien puisque ce sont les microbes du sol qui nourrissent les plantes.

L’industrie essaie de faire croire que sans engrais et sans pesticides on ne peut pas nourrir les hommes, c’est complètement faux, ce sont les microbes qui nourrissent les plantes.

Le travail d’un agriculteur n’est pas de les tuer à coups de pesticides et de brûler la matière organique. Le travail d’un agriculteur est de stimuler les microbes du sol, un peu comme un boulanger qui crée son levain, il doit faire gonfler son sol pour nourrir et cultiver des plantes saines qui nourrissent correctement les gens et non pas produire de la malbouffe comme le fait l’agriculture industrielle.

 

LR&LP : Cela fait 30 ans que les sols se meurent en France, la situation a-t-elle empiré depuis que vous avez fait ce constat et quelles sont les plus grandes menaces ?

L.B. : Il est difficile de dire que cela a empiré ou de façon générale, chaque territoire a ses spécificités. Il y a quand même un peu d’espoir car il y a beaucoup de conversion vers l’agriculture biologique avec de plus en plus de gens qui entendent l’urgence de la situation, grâce à certains médias qui jouent leur rôle. Une vraie sensibilité se développe de plus en plus.

Dans les endroits où il n’y a pas cette prise de conscience, les sols sont en bien plus mauvais état qu’il y a 30 ans. Il y a des cultures qui sont extrêmement difficiles à remettre debout : la pomme de terre, toutes les plantes sarclées comme les betteraves. Comme on ne fait plus de rotation cultures ou seulement de 2 ans ce qui n’est pas suffisant pour laisser les sols se régénérer, qu’on est en monoculture, il y a de vrais problèmes.

C.B. : Le fait est qu’actuellement, les sols disparaissent plus vite que ce qu’ils se reconstituent. C’est un vrai danger.


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